
Dans un article publié par Industrie Pharma / L’Usine Nouvelle, Stéphane Ortu, directeur général de l’ASPEC, rappelle que les salles propres continuent d’évoluer avec les grandes transformations industrielles, notamment autour de l’efficacité énergétique, de l’optimisation des consommations et des enjeux environnementaux.
Cette évolution traduit un changement important dans la manière de concevoir et d’exploiter ces environnements. Pendant longtemps, le réflexe dominant consistait à appliquer des niveaux d’exigence élevés et des marges importantes, dans une logique de sécurité maximale. Cette approche a permis de sécuriser les productions et les usages, mais elle montre aujourd’hui ses limites dans un contexte où les coûts d’exploitation et les consommations énergétiques sont devenus des sujets structurants.
Une logique d’optimisation plus présente
L’article souligne que le secteur entre dans une période de rationalisation, où l’optimisation devient centrale. La réflexion ne porte plus uniquement sur les flux d’air et la consommation électrique, mais aussi sur l’ensemble des fluides utilisés dans les salles propres, qu’il s’agisse de l’air, de l’eau ou des gaz.
Cette approche est importante, car elle invite à regarder la salle propre comme un système global. Un débit d’air trop élevé, une compensation mal ajustée, un réseau insuffisamment suivi ou des équipements fonctionnant en permanence au-delà des besoins réels peuvent générer des consommations importantes sans améliorer la performance attendue.
L’enjeu n’est donc pas de réduire les exigences techniques, mais de les adapter avec précision aux usages réels, aux contraintes du site et aux niveaux de risque associés.
L’importance des réglages et du suivi
L’optimisation d’une salle propre ne se joue pas uniquement au moment de sa conception. Elle dépend aussi de la manière dont l’installation est exploitée, contrôlée et ajustée dans le temps.
Stéphane Ortu évoque notamment la possibilité d’adapter à l’avenir les taux de brassage de l’air en fonction du nombre de personnes présentes, des entrées et sorties, des produits fabriqués ou du niveau de risque de l’activité. Cette logique illustre bien l’évolution du secteur vers des environnements plus pilotés, plus réactifs et moins figés.
Sur le terrain, cette vision rejoint une réalité simple : une salle propre peut être conforme à sa mise en service et se décaler progressivement de ses conditions optimales d’exploitation. Les usages évoluent, les équipements changent, les réseaux s’encrassent ou les réglages bougent. Sans suivi régulier, ces écarts peuvent devenir sources de surconsommation, d’instabilité ou de perte de performance.
Un sujet technique, mais aussi économique
La maîtrise des consommations n’est plus seulement un sujet environnemental. Elle devient un enjeu économique direct pour les industriels.
L’article cite l’exemple d’un site industriel de 800 m² de salles blanches où l’ajustement des volumes d’air pourrait générer jusqu’à 150 000 euros d’économies par an.
Ce chiffre montre bien l’importance d’une approche fine. Dans les environnements maîtrisés, de petits écarts de réglage peuvent avoir des conséquences importantes, car les installations fonctionnent souvent en continu et mobilisent des volumes d’air élevés.
Conclusion
L’évolution des salles propres ne repose pas uniquement sur de nouvelles technologies. Elle repose aussi sur une manière plus précise de concevoir, de régler et de suivre les installations.
Concevoir plus intelligemment, ce n’est pas affaiblir les exigences. C’est s’assurer que chaque débit, chaque équipement et chaque réseau répond réellement au besoin du site.
Cette approche permet de concilier sécurité, conformité, performance énergétique et maîtrise des coûts, tout en construisant des environnements plus durables dans le temps.